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Presbytère

En 2015, la commune d’Aigaliers envisage de réhabiliter l’Ancien Presbytère, sous réserve de l’agrément de l’Etat pour un prêt qui sera contracté auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations et de l’obtention des diverses subventions sollicitées auprès du Conseil Général, la Région…. Le projet réhabilitera la salle de culte pour une salle multi-activités, dont le culte, et créera cinq logements locatifs, gérés par la commune.

Vieux portail
vieux portail du presbytère

Historique du bâtiment établi à partir des Archives Départementales du Gard
Cet édifice du 19° siècle est remarquable par ses dimensions imposantes (environ 12m sur 12m) pour un village de la taille d’Aigaliers. La présence d’une ancienne église et d’un ancien temple témoigne de l’importance des conflits religieux qui ont pu mener à la construction d’une bâtisse plus symbolique que fonctionnelle. Le projet de «logement pour le pasteur protestant des communes d’Aigaliers, Foissac et Baron» a été établi par l’architecte Bègue, originaire d’Uzès, qui a par ailleurs construit l’église paroissiale néoclassique de la commune dans le hameau de Bourdiguet, et a fait réaliser d’importants travaux dans le temple de la commune dix ans avant la construction du presbytère. Son devis estimatif dressé le 27 mars 1857 (AD Série V 395), pour la somme de 11 620 Francs, a été approuvé le 25 mai 1857 par le conseil municipal. Les marchés de travaux ont été attribués à M. Coulomb, domicilié à Uzès, pour la somme de 10 807,06 Francs par adjudication le 18 octobre 1857. Les travaux sont financés par le ministère de l’institution publique des cultes. Le devis précise que le projet a comme objet de «desservir la circonscription qui est très considérable». Plusieurs emplacements sont proposés, et finalement celui en face du temple, appartenant au «Sieur Bourguet», est choisi.

ancien presbytère
ancien presbytère

La distribution intérieure d’origine est définie de la manière suivante :

Rez-de-chaussée :
• salon à manger
• salon de compagnie
• cuisine
• cabinet de travail
• escalier entre deux étant desservi par un couloir
• bucher, patouille et latrines

Une cave est décrite en-dessous de la cuisine et du cabinet de travail.

1° Étage :
• quatre chambres distribuées par un corridor

La construction elle -même est définie de manière suivante :

Fondations :
• à 3m de profondeur
• constitué es d’un mètre en béton de chaux hydrauliques
• puis en maçonnerie de gros blocs de moellons à 200 à 300kg

Maçonneries :
• en moellons de choix parfaitement pavées, dressées d’aplomb
• les ouvertures en pierre de taille, montées au mortier de chaux naturellement éteint
• mortier de sable et chaux de Nîmes ou d’Alès

Pierre de taille :
• pierre en provenance de la carrière de la Bouscarasse de la plus fine qualité
• seuils, perron, portes et escalier en pierre de Cambarlaud

Enduits :
• à deux couches
• une première grossièrement unie au tranchant de la truelle
• une deuxième unie au dos, taloché et blanchie, badigeonnée

Toiture :
• à 4 forts arrêtiers de 32° d’équarrissage
• posés sur les angles en diagonale
• pannes espacées d’1,1m ; 20 cm d’équarries
• traverses de 8 sur 9
• tuiles à grand moule posées sur briques

Plancher :
• poutres de 25 cm2
• espacés d’un mètre au plus
• fortes quais triangulaires et briques
• enduit au plâtre blanc
• «sera fait des corniches en plâtre au salon de compagnie et au cabinet de travail»

Pavés :
• briques d’Alès de 24 cm2

Plafonds :
• à 3,2m pour le rez-de-chaussée

Escalier :
• suspendu à l’anglaise
• les marches portent boudin avec filet en congé et seront enchâssées d’au moins 15 cm dans les murs
• rampe composée de deux montants par marche
• main courante en bois de 6 cm de large, profilé à double gorge

Cheminées :
• noyées dans l’épaisseur des murs sauf celle de la cuisine
• boisseaux en terre cuite de 20 cm de diamètre (0,6×0,2 pour la cuisine)
• chambranles en marbre et décorations en plâtre, suivant dessin de l’architecte
• un potager pour la cuisine

Menuiseries :
• porte d’entrée à deux vantaux en noyer au rez-de-chaussée
• fenêtres en noyer de 38 mm d’épaisseur, ferrées de fortes espagnolettes
• volets en persiennes en sapin du nord

Un nouveau devis de 1858 prévoit le rehaussement de la construction en cours de chantier de 1,25m, afin de créer des greniers. Les planchers sont à réaliser à l’identique de ceux du 1° étage, les escaliers sont à continuer en pierre bleu des carrières des justiciers. Sur le local au rez-de-chaussée derrière la cuisine (la patouillerie) sera construite une écurie, les murs élevés à 4m et couvert d’une toiture briqués en dessous. L’ensemble fermé avec des doubles Volets.

Un conflit entre les trois communes (Aigaliers, Foissac et Baron) concernant le presbytère catholique existant à Foissac commence en 1871. Un rapport de l’architecte départemental Durand précise que ce dernier nécessite des réparations, dont les frais sont à répartir de manière suivante : 1 904 Francs pour la commune de Baron, 4 445 Francs pour la commune d’Aigaliers et 1 032 Francs pour la commune de Foissac. Le préfet est prié de faire «juge de paix», la commune d’Aigaliers ne voulant pas participer au financement de ces travaux. Ce différend nous confirme la valeur symbolique du bâtiment construit à Aigaliers.

Le projet

Le projet est consultable en cliquant sur les documents ci-dessous.
Projet de rénovation du presbytère plans-1_02
Projet de rénovation du presbytère plans-1_03
Projet de rénovation du presbytère plans-1_04
Projet de rénovation du presbytère plans-1_05
Projet de rénovation du presbytère plans-1_06
Projet de rénovation du presbytère plans-1_07

Plans et descriptions supplémentaires
Plan de situation et images